Ces derniers mois, plusieurs grands noms de la tech, dont Microsoft et Amazon, ont annoncé des investissements massifs en France pour le développement de data centers, ou «
centres de données » en français. Ces grands bâtiments sécurisés accueillent des
serveurs hébergeant nos
données et les
services numériques que nous utilisons au quotidien.
Les raisons qui poussent les multinationales à choisir un pays plutôt qu’un autre pour installer leurs data centers (ou datacenters) sont nombreuses et n’ont que trop rarement à voir avec les questions environnementales. Pourtant, comme tous les composants du numérique, les data centers ont des impacts environnementaux non négligeables. Mais alors y-a-t-il une différence, du point de vue environnemental, entre des serveurs hébergés en France ou aux États-Unis d’Amérique ? On peut relever 2 points intéressants à ce sujet :
1. L’implantation des data centers plus près des utilisateurs finaux (ici une implantation en France, plutôt qu’aux États-Unis, pour des utilisateurs français ou européens) permet de limiter les distances parcourues par les données, réduisant ainsi la quantité d’équipements réseaux utilisés pour faire transiter ces données. Héberger ses données en France permet donc de limiter les impacts environnementaux des infrastructures réseaux, bien que ces derniers soient mal connus et que les gains soient donc difficiles à quantifier.
2. Le second élément à relever est mieux connu et plus facile à quantifier, il s’agit de l’intensité carbone du mix électrique du pays accueillant un data center. En effet, les data centers consomment une quantité très importante d’électricité pour faire fonctionner leurs serveurs 24/h24 et alimenter leurs indispensables systèmes de refroidissement. Or, la France a un mix électrique peu carboné, ce qui permet de limiter les émissions de gaz à effet de serre liées au fonctionnement des data centers.

On considère ci-dessus l’utilisation des mêmes serveurs dans les 2 pays. C’est pourquoi les impacts environnementaux liés à la fabrication des serveurs (barre bleu-ciel) est équivalente dans les deux cas. On peut donc ainsi voir l’énorme incidence que porte le seul critère de localisation géographique d’hébergement des serveurs informatiques. Ceci explique pourquoi aux USA les discours environnementaux portent d’abord sur la réduction de consommation d’énergie, quand en France ils sont principalement axés sur la fabrication (et donc le prolongement de la durée de vie) des équipements.
On peut donc ainsi voir l’énorme incidence que porte le seul critère de localisation géographique pour l’hébergement des serveurs informatiques
Héberger les data centers en France peut donc minimiser l’impact carbone de l’utilisation du numérique, i.e. le scope 2 de la comptabilité carbone. Cela n’apporte en revanche aucun changement sur l’impact de la fabrication des équipements, ni aucun changement sur la fabrication des data centers (sur ce dernier points des différences existent et sont observables non pas par pays, mais par bâtiment selon les choix d’architectures comme des ossature bois ou béton), or ces impacts sont loin d’être négligeables(1).
Pour réduire l’empreinte carbone des data centers, et plus généralement leur empreinte environnementale (en considérant les impacts sur les ressources abiotique, l’eau, la biodiversité, etc.), la seule solution possible à ce jour est de mettre en place une sobriété dans les usages, pour limiter la quantité de services et donc le nombre de data centers nécessaires.
💡 Astuce !
Vous consommez des offres cloud ? si vous avez la possibilité de choisir le lieu d’hébergement de vos données,
- regardez sur l’intensité carbone des zones proposées sur https://app.electricitymaps.com/
- choisir la zone avec la plus faible intensité carbone est une première étape pour baisser votre empreinte carbone numérique !
PS: l’étape suivante étant de lancer une démarche d’écoconception de vos services numériques, Koevoo peut vous accompagner, n’hésitez pas à nous dire bonjour@koevoo.tech.
(1) Bordage, F. (2019). Empreinte environnementale du numérique mondial. Paris, greenit. fr
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